• "Albert Mauran, chasseur de nazis sous les mers"

    Source : http://www.ladepeche.fr/article/2014/06/09/1896582-albert-mauran-chasseur-de-nazis-sous-les-mers.html

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    Timonier dans un sous-marin des forces navales  françaises libres-, Albert Mauran,  http://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=84345 un Toulousain de 91 ans, achevait de combattre il y a 70 ans la flotte du IIIe Reich.

    Il s'illumine lorsqu'il caresse son bachi, encore orné des initiales FNFL. Albert Mauran, un Toulousain de 91 ans, est un authentique héros de la Seconde Guerre mondiale. Il y a soixante-dix ans, à bord du sous-marin Doris, il achevait de pourchasser dans les mers du globe la flotte du IIIe Reich. Pour lui, en quelque sorte, la guerre s'est arrêtée le 6 juin 1944, les alliés s'étant rendus maîtres des mers. Timonier dans les forces navales françaises libres, il a conservé 20 000 souvenirs sous les mers. Habité par le récit ses combats, le jeune aventurier qu'il était reprend possession de ses gestes lorsqu'il se met instinctivement à agiter des pavillons invisibles pour envoyer des signaux flottants à des navires imaginaires. Gauche, milieu, bas, droite : il en récite l'alphabet à la vitesse d'une mitrailleuse. Il n'a pas non plus tiré un trait sur le langage en morse «C'est quelque chose que l'on n'oublie jamais» explique-t-il.

    À croire qu'il était fait pour naviguer : né en Argerntine d'une mère sud-américaine et d'un père français d'origine chilienne — «Ma mère lui a dit : épouse-moi ou je te tue» — il est arrivé à l'âge de huit ans en France, à Toulouse, par les océans. «Mes parents m'ont envoyé en pension à Gimont, je parlais à peine français.»

    Engagé à 17 ans

    Adolescent révolté, il n'admet pas la capitulation devant l'occupant allemand. Il n'a alors qu'une idée en tête : «M'engager dans la marine pour rejoindre ce général au nom bizarre, un certain De Gaulle. Mon père m'avait prévenu : tu ne t'engageras que si tu es reçu au bac. J'étais un élève médiocre alors j'ai travaillé, j'ai été reçu et j'ai dit à mon père : maintenant, tu me signes mon engagement. J'avais 17 ans».

    Il demande à être affecté sur un dragueur de mines qui sillonne la Méditerranée : «Mon plan c'était de rallier Londres par Gibraltar. Et je pensais qu'on naviguerait du côté du Maroc». Deux fois déserteur, il est exfiltré vers l'Algérie par le groupe Combat. Il est incorporé comme fusilier marin dans les forces navales françaises libres après le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord, le 8 novembre 1942. «J'ai fait la campagne de Lybie et de Tunisie. Là, ça a vraiment dérouillé, une hécatombe ! J'en ai vu des types les tripes à l'air…» Transféré en Angleterre, il demande à être affecté dans les sous-marins. «Par goût du risque.» Ce sera le Minerve, puis le Doris. Il y côtoie d'anciens marins vichystes, incorporés dans les FNFL : «Je me souviens d'un premier-maître vichyste qui gueulait à l'appel : Les vrais Français à gauche, les faux Français à droite. Il n'était pas pardonnable d'avoir déserté la marine, fut-ce celle de Vichy. Et puis la marine française était traditionnellement anglophobe. Ça remonte à Trafalgar…» Basé dans un port écossais où il sortait de temps à autre pour faire le coup de poing avec les Canadiens et les Américains — «Pas de bordée sans bagarre, c'était la règle. Une fois dans un bal j'en ai eu les côtes cassées» — il se souvient d'une authentique fraternité de sous-mariniers : «Nous avons vécu confinés à 38 hommes d'équipage et quatre officiers. Alors que la vie ne tenait qu'à un fil, que nous partions chaque jour en se disant que l'on ne reviendrait pas, il n'y a jamais eu un mot déplacé entre nous». De ce groupe, ils ne sont plus que quatre survivants.

    L'équipage s'entraîne pour le débarquement en Normandie mais le 6 juin 1944, ne prend pas part aux opérations militaires. «Pour nous, la guerre était finie. On n'avait plus rien à faire.»

    Difficile retour au pays

    Lorsqu'il revient au pays, il «pleure comme un gosse en apercevant les côtes de France».

    Démobilisé, Albert Mauran rentre à Toulouse : «Je n'avais donné absolument aucune nouvelle à mes parents. Et un jour de 1945, ils m'ont vu arriver». Dans une France qui exalte les Résistants de l'intérieur, il a le sentiment de passer inaperçu : «Ce retour en France, c'est un assez triste souvenir. Les gens me disaient : Ah ! mais en Grande-Bretagne, vous aviez des cigarettes et du chocolat, vous ne souffriez pas de malnutrition. J'étais dégoûté…»

    Désœuvré, sans diplôme, il songe même à se réengager. «Ma réinsertion a été très dure, je ne m'en sortais pas.» Par son père, il obtient une licence d'importation de lubrifiants : il fera finalement fortune dans le recyclage des huiles de moteurs. Les établissements Albert Mauran et fils (il est père de quatre enfants) existent toujours à Odars, à côté de Saint-Orens. «Toute ma vie j'ai eu de la chance à la guerre puis dans la vie civile. J'ai eu la baraka.»

    "Albert Mauran, chasseur de nazis sous les mers"


    En quelques dates

    Le chiffre : 1924

    Naissance d'Albert Mauran à Buenos Aires le 4 août.

    Le chiffre : 1932

    Arrivée en France. Il est scolarisé au collège Saint-Nicolas de Gimont puis au Caousou. Son père est un industriel.

    Le chiffre : 1941

    À 17 ans, il s'engage dans la marine de Vichy dont il va déserter deux fois pour rejoindre les forces françaises libres.

    Le chiffre : 1945

    Retour en France. Il se lance dans le recyclage des huiles de vidange. Il fonde les établissements Mauran à Odars, repris par ses enfants.

     
     
     
     
     

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