• Charles-Marie Guillois, la voix bretonne de la Résistance

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    http://www.lepoint.fr/histoire/charles-marie-guillois-la-voix-bretonne-de-la-resistance-27-05-2014-1828176_1615.php

    Auteur : Marc Fayad

     

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      Charles-Marie Guillois, la voix bretonne de la Résistance

    Charles-Marie Guillois.   http://whttp://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=72875ww.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=72875Ce nom ne vous dit probablement rien et pourtant, le 18 juin 1940, il fut la voix de la France Libre aux côtés du général de Gaulle. Le 15 juin 1940, le général de Gaulle quitte Brest pour l'Angleterre à bord du torpilleur Milan. Le lendemain, les avisos de la défense du littoral reçoivent l'ordre de prendre à leur bord les marins des batteries côtières et une partie des archives du 2e dépôt de la marine pour rejoindre également la Grande-Bretagne. Cette deuxième escadrille d'avisos de la défense du littoral est composée de navires tels que la Somme, le Suippe et le Vauquois, à bord duquel se trouve un certain Charles-Marie Guillois.

    Le Vauquois, qui se trouve alors à l'ouvert du port du Conquet, près de la tourelle de la Vinotière, est secoué par une violente explosion lorsqu'il touche une des mines magnétiques dérivantes lâchées la veille par des avions allemands. Le bâtiment se casse en deux à la hauteur de la cheminée, l'avant coule presque instantanément, l'arrière chavire et est englouti deux minutes plus tard tandis que les chaudières explosent. Charles-Marie survit au drame et parvient à rejoindre l'Angleterre. Sur place, il rencontre le journaliste Jean Marin - alors correspondant à Londres pour l'agence Havas -, qui l'entend parler breton dans un groupe d'engagés. Un hasard qui fera de lui la voix bretonne de la Résistance.

    Un Breton sur la BBC

    Charles-Marie Guillois aurait pu être un soldat comme un autre s'il n'avait pas croisé la route de Jean Marin. En l'espace de quelques semaines, ce dernier a fait de lui la voix de la France libre. Celle qui s'exprimait en breton sur les ondes de Radio Londres. Chargé de traduire et de lire en breton l'appel du 18 juin à la BBC, il profite de l'occasion pour conclure l'appel par ses mots : Me zo Koko deus Porzh-Gwenn, qui signifient "je suis Coco de Port-Blanc". Un message capté par une voisine de sa mère qui, prévenue, eut le temps de faire annuler le service religieux qu'elle avait commandé pour les funérailles de son fils qu'elle croyait mort dans l'explosion du Vauquois.

    Pendant plusieurs mois à la BBC, Charles-Marie Guillois tient une émission en langue bretonne, appelant tous les hommes valides à rejoindre l'Angleterre pour continuer la lutte. L'impact psychologique était beaucoup plus fort en breton qu'en français sur les côtes bretonnantes de l'époque. Il a ainsi contribué, de manière non négligeable, à renforcer les rangs des Forces françaises libres. Les Bretons représenteront 40 % des effectifs des Forces navales libres durant l'ensemble de la guerre, sans compter les célèbres maquis bretons dont sera si fier le général Koenig.

    Gardien de la langue bretonne

    Après son passage sur les antennes la BBC et ses quatre années de guerre passées sur la mer, où il combat l'ennemi nazi lors de la Campagne d'Afrique à bord du Savorgnan de Brazza, Charles-Marie Guillois livre une dernière bataille, pour sauver cette fois sa langue bretonne. Il écrit une lettre au président de la République, auquel il avait été présenté à Londres, pour lui demander une reconnaissance officielle de la langue bretonne. Rappelant que celle-ci a mobilisé contre la tyrannie nazie. Il réclame ainsi un traitement comparable à celui dont jouit la langue galloise au Royaume-Uni. Sa lettre n'atteindra même pas le bureau du président. Il ne recevra finalement qu'une réponse platonique provenant d'un sous-fifre. Charles Guillois éprouvait de l'amertume devant la disparition voulue et programmée de sa langue maternelle.
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