• "Il nous a transmis à tous l’espoir de la victoire"

    "Il nous a transmis à tous l’espoir de la victoire"

    "Sur notre photo, dix-neuf des trente jeunes Manchois qui ont gagné l’Angleterre, via Jersey, avec la complicité de pêcheurs."

    http://www.lamanchelibre.fr/actualite.fr/actualite-51041-il-nous-a-transmis-a-tous-lespoir-la-v.html :

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    En 1944, la majorité des Manchois témoignent d’une ferveur certaine à l’égard de “l’homme providentiel”. Charles de Gaulle s’est imposé peu à peu comme le vrai sauveur de la patrie.

    Dans son ouvrage “Les Manchois dans la tourmente”, Michel Boivin souligne la montée en puissance, dès 1940, du gaullisme résistant. Camille Trenel, de Vauville, confie : “Même si très peu de personnes ont entendu son appel le 18 juin sur Radio Londres, très vite on a commencé à avoir foi en lui, à croire ce qu’il disait. Il a transmis cet espoir de la victoire, ce qui, en fait, nous a permis de continuer à vivre”.
    Avec de petits moyens mais beaucoup de conviction, les hommes qui ont suivi le Général deviennent des experts en propagande. Les premiers tracts sont distribués à l’occasion du 11 novembre à Agon, Granville, La Haye-Pesnel, Villedieu, Avranches.
    Parmi les suivants, figure la fameuse “Prière à de Gaulle”. Son texte : “Notre de Gaulle qui êtes au feu, que votre nom soit glorifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme dans les airs, donnez leur chaque jour leur bain quotidien et rendez-leur au centuple les offenses qu’ils ont faites aux Français, ne nous laissez pas sous leur domination et délivrez-nous des boches, ainsi soit-il !”. Le commissaire de Police de Granville, dans son rapport du 4 février 1941, en mesure la portée : “On trouve même ces tracts en possession des enfants des écoles. Ils ont pour but de renforcer la conviction de la population en la délivrance et de tourner en ridicule l’occupant et le gouvernement.
    Le succès dont ils bénéficient en indique long sur l’état d’esprit de la population”. L’affichage sauvage est également très vite utilisé pour les messages gaullistes. Le commerce de l’insigne en forme de croix de Lorraine mis au point par Auguste Sabouret, un jeune orfèvre gaulliste domicilié aux Moitiers-en-Bauptois, est prospère. Mais l’affaire se termine en 1942 devant le conseil de guerre de Saint-Lô. Le créateur est déporté en Allemagne.
    Et puis fourmillent les inscriptions, les graffitis, les propos gaullistes relevés dans les rapports de police ou de gendarmerie. Les graffitis sont d’ailleurs utilisés pour lancer une formidable campagne de communication, celle des V, déclenchée au début du printemps 1941. Le mot d’ordre transmis par la BBC est de dessiner à la craie, un peu partout, le V de la victoire. Il se traduit par une éclosion rapide de V sur les murs, les portes, les vitrines, les trottoirs, les bâtiments publics, les immeubles occupés par les Allemands. “Mes hommes passent leurs nuits à effacer les inscriptions et à observer en vain”, se plaint le commissaire de police de Cherbourg au préfet, le 8 juillet.
    Les autorités allemandes, furieuses, menacent la population et lancent des équipes pour laver et gratter les murs, comme à Valognes. Mais la peinture est de très bonne qualité ! D’autres appels du Général, que la radio anglaise retransmet, visent à braver l’interdiction de manifester et exprimer une résistance patriotique. Ainsi, le 1er janvier 1941, à 15 h, toutes les rues de Cherbourg se vident. “Un silence impressionnant a régné pendant une heure sur la ville, note Jean-François Hamel dans son Journal de l’Occupation. Aussitôt après cette muette protestation, c’est la protestation tricolore. De nombreux Cherbourgeois descendent dans la rue en portant des insignes aux couleurs nationales”.
    Le 11 mai, le jour de la fête de Jeanne d’Arc, il s’agit de passer devant le monument aux morts de sa commune entre 15 et 16 h. L’appel est très suivi dans la Manche. A Cherbourg, plusieurs milliers de personnes s’enhardissent même à crier : “Vive de Gaulle ! Vive l’Angleterre !”. Dès lors, les agents de “l’Etat français” ne peuvent que s’inquiéter de l’influence grandissante du Gaullisme. “Dans les principales villes du département et sur les côtes en particulier, rapporte le patron des gendarmes de la Manche au préfet le 18 avril 1941, les gens disent du bien de lui. Ils paraissent même l’aimer.
    Dans les campagnes, son nom est connu et sa photographie aussi. Des enfants en parlent à l’école, répétant ce que disent leurs mères à la sortie de la messe et leurs pères dans les cafés. Son nom recouvre de plus en plus les affiches officielles”. Les arrestations répétées, les déportations pour propagande gaulliste n’empêcheront pas le mouvement de s’amplifier dans la Manche jusqu’au Débarquement.

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