• "Léon Gautier une des mémoires humbles du commando français du 6 juin 1944"

    "Léon Gautier une des mémoires humbles du commando français du 6 juin 1944"

    Source : http://www.lalibre.be/dernieres-depeches/afp/leon-gautier-une-des-memoires-humbles-du-commando-francais-du-6-juin-1944-5380637e3570102383d0108d

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    Il est l'un des 177 Français à avoir débarqué le 6 juin 1944 en Normandie, avant de "repartir de zéro, sans un sou, en 45". Breton d'origine, installé à Ouistreham (Calvados) depuis plus de 20 ans, Léon Gautier,   http://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=70408  91 ans, se bat encore, humblement, pour la paix.

    "Le 6 juin, on a libéré 1,8 km de plage et on a parcouru 19 km dans la journée. Puis on a passé 78 jours et 78 nuits en première ligne dans une tranchée", expliquait mi-mai au Premier ministre Manuel Valls en déplacement à Ouistreham, Léon Gautier, un des 10 membres du commando encore en vie.

    L'ancien fusilier marin n'oubliera jamais le "copain", tombé à quelques mètres de lui, "le haut de la tête arraché" durant une contre-offensive allemande, a-t-il raconté à une journaliste de l'AFP qu'il a reçue longuement chez lui dans cette commune voisine de celle où il a débarqué, Colleville-Montgomery.

    - 78 nuits en première ligne -

    Et pourtant, au lendemain de la guerre, "j'ai été démobilisé sans un sou, sans rien. Tous les Français libres étaient dans la même situation", précise sans amertume cet engagé très volontaire dans la Marine française en février 1940. Il ralliait Londres et de Gaulle en juillet, avant d'aller se battre au Cameroun, au Congo, en Syrie, au Liban.

     

    En 1945, "je n'ai plus retrouvé en France la grande solidarité de ma jeunesse (...). C'était chacun pour soi. Ceux qui avaient travaillé avec les Allemands avaient la petite combine du marché noir. Ils y arrivaient", poursuit celui qui explique avoir commencé à travailler à 13 ans comme carrossier, "à l'époque de la semaine de 48 heures et sans congés payés".

    Il retourne alors en Angleterre après la guerre avec son épouse rencontrée outre-Manche, pour sept ans, travaille plus de "60 heures par semaine", revient en France et repart comme chef d'atelier, pendant sept ans également, en Afrique, avant un accident qui le ramène en France. Il est plâtré du cou aux pieds.

    Là, ce père de deux enfants qui aujourd'hui encore "adore les Anglais" et admire Churchill, "qui n'a pas lâché le morceau", passe à 38 ans un examen pour devenir expert automobile.

    - Pas besoin d'un château -

    "Je ne me plains pas. Partir de zéro en 1945 m'a obligé à me battre un peu partout pour vivre. J'ai une petite maison à moi, gagnée à la sueur de mon front. J'y suis heureux. J'ai pas besoin d'un château", précise cet ancien combattant souriant au regard incisif sur le monde.

    Léon Gautier se bat aujourd'hui, "pour la paix" et pour la mémoire de ses camarades. D'écoles en commémorations, il met en garde la jeunesse.

    "La paix, faut pas la reperdre. Dans ses choix, il faut être très vigilant. Les Allemands ont suivi Hitler comme des moutons de Panurge. Ca peut nous arriver. Et puis, une fois au pouvoir, les hommes changent", dit-il, souhaitant ne pas être plus précis.

    Cet officier de la Légion d'honneur depuis 1992 revêtira donc à nouveau son béret vert pour la cérémonie internationale du 70e anniversaire à Ouistreham le 6 juin mais ce grand-père, dont le téléphone sonne souvent, admet être parfois "fatigué".

    "L'autre jour, j'ai envoyé promener vos confrères qui voulaient me faire marcher encore une fois sur la plage. J'avais mal au dos", note M. Gautier, qui se déplace avec deux cannes.

    Il n'ira pas à d'autres cérémonies le 6 juin. "Ca fait trop. Je préfère être avec ma famille", dit celui qui, à 17 ans, s'était engagé dans l'armée sous l'influence notamment d'un entourage "anti-boches" qui avait perdu des proches durant la première guerre mondiale.

    Mais peut-être ira-t-il trinquer avec son ami Johannes, devenu Jean, Boerner, 89 ans, vétéran allemand de la bataille de Normandie, installé lui aussi à Ouistreham."


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