• "Un Vosgien en Normandie avec la 2e DB "

    Source : http://www.estrepublicain.fr/est-magazine/2014/06/01/en-normandie-avec-la-2e-db#jimage=D1CC9355-7157-4AE8-B992-C1F93BAFB006

    Le Vosgien Roger Le Neurès a vécu la fabuleuse épopée de la division Leclerc depuis sa création en Afrique du Nord jusqu’en Allemagne.

    "Un Vosgien en Normandie avec la 2e DB "

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    Roger Le Neurès  http://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=79648 vous reçoit dans son appartement spinalien avec la simplicité des êtres heureux d’avoir fait le bon choix à une époque où la plupart des Français ont préféré, dans le meilleur des cas, ne pas se prononcer, dans le pire, collaborer. Mais s’il est fier d’avoir su dire non à Pétain, non à l’occupant, c’est sans ostentation. Son vrai souci est ailleurs : à 91 ans, il est l’un des derniers « vrais » résistants en vie, aussi n’a-t-il de cesse de témoigner « pour que personne n’oublie ». « Je suis né à Lorient en 1923. J’ai grandi dans une famille très patriote. Mon père a été aviateur en 14-18 », tient-il à préciser. En 1934, la famille déménage pour Épinal. Quand la guerre éclate, l’adolescent est apprenti dans un garage. « Nous avons vécu l’exode. Avec ma mère et mes deux jeunes sœurs, nous sommes partis pour le Sud. Bloqués par l’avance allemande du côté de Besançon, nous avons dû rebrousser chemin. » Le père étant prisonnier, Roger reprend son emploi afin de faire vivre la famille. « Le garage était occupé en partie par les Allemands. C’était difficile à accepter. » Sans trop réfléchir, lui et quelques amis récupèrent des armes, volent des explosifs. « Je ne me prenais par pour un résistant. J’étais trop jeune ; mais voilà j’avais besoin de prendre acte. »

     

    L’adolescent devra patienter encore deux avant de « sauter le pas », le temps de la maturité sans doute. À l’été 1942, à l’initiative de son père de retour, il cache une famille israélite d’Épinal dans leur cabanon près de l’étang de Bouzey. « Je l’ai ravitaillée jusqu’à ce qu’elle soit prise en charge par une filière d’évasion. » Peu de temps après, craignant d’être réquisitionné pour le service du travail obligatoire, il décide de rejoindre la France Libre. « La Lorraine étant en zone interdite, sur le conseil d’un ami, je me suis engagé dans l’armée d’armistice. Mon plan était de rejoindre De Gaulle par l’Afrique. Muni d’un laissez-passer, j’ai pu prendre le train pour Lyon puis Toulouse. J’ai été ensuite envoyé dans le sud Oranais. » Astucieux !

    L’histoire s’emballe. Après le débarquement des Américains sur ses côtes (nov. 1942), l’Afrique du Nord bascule dans le camp des Alliés. Pour autant, ce n’est pas encore l’entente cordiale entre Giraud (commandant en chef soutenu par Washington) et De Gaulle. Mais, pour le Lorrain, aucun doute : seul le chef de la France Libre a une vraie légitimité. « Profitant d’une permission (début 1943), j’ai pris contact avec le mouvement Combat. Je voulais rejoindre les Forces françaises libres stationnées en Lybie. » Tout ne se passera pas comme prévu. « Je devais partir avec d’autres volontaires, mais lorsque je suis arrivé au lieu de rendez-vous, à Constantine, les gardes mobiles étaient là. » La chance lui sourit pourtant : « Des légionnaires de la 13e DBLE, rencontrés par hasard, me feront passer la frontière tunisienne ». Trois mois plus tard, il est envoyé au Maroc pour être incorporé à la légendaire 2e DB en cours de formation. « J’étais tireur d’automitrailleuse au 1er régiment de marche de spahis marocains. »

    Dès lors, son histoire se confond avec celle de son unité : la 2e DB de Leclerc débarque en Normandie entre le 1er et le 3 août, « après une période d’entraînement et une attente interminable en Angleterre ». Les souvenirs s’entrechoquent. Tout se passe très vite. Le Liberty-ship débordant de combattants prêts à en découdre, les côtes françaises, la pointe du Hoc, Mortain, Alençon, les premiers combats, les premiers morts. Après la libération de Paris, « un moment inoubliable », la 2e DB marche sans fléchir vers l’Est. « Notre régiment était chargé de la reconnaissance. J’ai reçu ma première blessure, à Glonville, près de Baccarat. Un éclat d’obus dans le pied. » Il sera à nouveau blessé à Sélestat (décembre) par une grenade. Opéré à Saint-Dié, il est envoyé en convalescence au Val de Grâce puis à Épinal. En avril 45, il retrouve la 2e DB près de La Rochelle. « Nous repartirons aussitôt pour l’Est, l’Allemagne, Berchtesgaden ». La guerre est finie… Enfin. Alors, un héros Roger Le Neurès ? Il réfute fermement ce qualificatif pourtant mérité. « Pouvais-je faire autre chose que mon devoir ? »

    « Pouvais-je faire autre chose que mon devoir ? »

    Jérôme ESTRADA"


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